vendredi, avril 4, 2025

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La réponse prudente de l’Exécutif face au scandale croissant


La polémique des subventions à l’importation de bétail

Le débat autour des 13,3 milliards de dirhams concernant les subventions à l’importation de bétail s’intensifie. Le ministère de l’Agriculture a tenté de répondre à la controverse avec un communiqué publié récemment, mais celui-ci a plutôt mis en lumière l’opacité de la gestion des fonds publics, suscitant davantage de méfiance.

Un communiqué sommaire et ambigu

Le communiqué, diffusé le 2 avril, vise à clarifier la situation en annonçant une allocation de 437 millions de dirhams pour soutenir l’importation de moutons destinés à l’Aïd Al-Adha en 2023 et 2024. Cependant, l’information ne répond pas aux interrogations essentielles sur le reste des milliards en question, notamment l’argent investi dans l’importation de bovins et les pertes en termes de TVA et de droits de douane.

Les chiffres divulgués prévoient une importation de 875 000 moutons, avec 193 millions de dirhams pour 2023 et 244 millions pour 2024. Pourtant, l’absence de détails sur les subventions globales et les montants en jeu crée une frustration croissante parmi les experts et les politiciens, comme Nizar Baraka et Nabil Benabdallah, qui soulignent la complexité de la situation.

Un gouvernement sous pression

Face aux critiques grandissantes, Mustapha Baitas, le porte-parole du gouvernement, a tenté de défendre la clarté du communiqué lors d’une conférence de presse. Il a appelé à une analyse approfondie des données, mais n’a pas fourni d’éclaircissements demandés par les journalistes, renforçant ainsi l’idée d’un silence troublant autour de cette affaire. Les 13 milliards englobent, en effet, des exonérations considérables sur l’importation de bovins, un point qui mérite d’être examiné avec soin.

Les chiffres avancés par l’opposition révèlent des lacunes inquiétantes. En 2024, 237 millions de dirhams ont été consacrés à 474 312 ovins importés, sans compter des pertes de 3,86 milliards de dirhams en droits de douane et 1,16 milliard de dirhams en TVA liées à des exonérations massives à 144 importateurs. Les bovins ne sont pas en reste, avec 7,3 milliards de dirhams d’exonérations de droits d’importation et 744 millions de dirhams de TVA disparus.

Des choix contestés et un échec apparent

Malgré les arguments avancés par les autorités, nombreux sont ceux qui estiment que cette politique est un échec. La suspension des droits de douane, censée être une solution, ne parvient pas à masquer les graves critiques sur la gestion des fonds publics. Les conséquences de cette stratégie soulèvent des inquiétudes quant à l’efficacité et la transparence des opérations.

Les statistiques avancées semblent contredire les affirmations des responsables gouvernementaux. Si les 437 millions de dirhams alloués avaient réellement contribué à stabiliser les prix des viandes rouges, pourquoi continue-t-on d’observer une tension sur ces coûts ? Les résultats sont peu tangibles, et une ombre de suspicion plane sur les critères de sélection des importateurs ayant accès aux subventions.

Une nécessité d’éclaircissements

Face à cette situation préoccupante, il est impératif que le gouvernement fournisse des précisions sur l’attribution des subventions et sur la colonne des bénéfices pour les consommateurs. Les citoyens ont le droit d’être informés sur la gestion des fonds publics, et une transparence totale sur ce sujet est plus qu’attendue.

En somme, alors que les voix s’élèvent dans la rue et au sein de l’opposition, le manque d’explications claires concernant cette affaire de subventions pourrait avoir des répercussions sur la confiance du public envers les décideurs politiques. La lumière doit être faite sur ce dossier afin de restaurer une certaine sérénité dans la gestion des ressources allouées à l’agriculture et à l’importation de bétail.

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