Carlo Ancelotti face à des accusations de fraude fiscale en Espagne
L’entraîneur emblématique du Real Madrid, Carlo Ancelotti, se retrouve dans une situation délicate alors que le procureur espagnol a réclamé une peine de quatre ans et neuf mois d’emprisonnement contre lui pour des accusations de fraude fiscale. Cette affaire a suscité beaucoup de discussions et d’inquiétude, tant pour le coach que pour le club qu’il dirige.
Les charges portées contre le coach
Le parquet a formulé ces accusations en raison de présumées irrégularités fiscales durant le premier mandat d’Ancelotti à Madrid, entre 2013 et 2015. Selon le ministère public, l’entraîneur aurait dissimulé des revenus dépassant un million d’euros au trésor public. Lors de l’audience, le procureur a affirmé que les preuves de fraude étaient claires. Il a également ajouté qu’Ancelotti ne pouvait pas prétendre à une ignorance justifiée des règles fiscales.
La défense d’Ancelotti
L’avocat de Carlo Ancelotti, Carlos Zabala, a pris la parole pour défendre son client en plaidant l’innocence. Selon lui, les problèmes financiers rencontrés par Ancelotti découlent d’un “désordre contractuel” causé par le Real Madrid lui-même. Zabala a évoqué la volonté du club de verser une partie du salaire de l’entraîneur sous forme de droits à l’image, permettant ainsi une fiscalité plus favorable. Il a soutenu que son client n’avait pas bien saisi la nature des documents qu’il signait à l’époque.
Lors de son audition, le coach a affirmé n’avoir jamais voulu frauder et a précisé que le club avait suggéré le montage rémunérateur des droits à l’image. Il a ajouté qu’il n’avait eu aucune prise de conscience quant à un éventuel manquement jusqu’en 2018, année où l’enquête a été ouverte.
Un précédent avec José Mourinho
Il est intéressant de noter qu’Ancelotti n’est pas le seul entraîneur à avoir été confronté à des problèmes fiscaux en Espagne. En 2019, José Mourinho, ancien entraîneur du Real Madrid, avait été condamné à un an de prison avec un sursis et à une amende de près de 2 millions d’euros après avoir plaidé coupable de fraude fiscale. Les deux entraîneurs semblent avoir suivi des schémas similaires en ce qui concerne les droits à l’image, une question brulante dans le milieu du football.
Les faux-semblants fiscaux
Le ministère public a détecté des manquements volontaires dans les déclarations fiscales d’Ancelotti, alléguant qu’il avait mis en place un réseau complexe de sociétés écrans et de trusts pour canaliser ses revenus issus des droits à l’image. Cette accusation rehausse sérieusement le niveau des accusations, insinuant que l’entraîneur a intentionnellement cherché à voiler une partie de ses revenus.
Le contexte plus large
Ce n’est pas un cas isolé. De nombreuses figures du sport et du divertissement ont connu des démêlés avec le fisc espagnol ces dernières années. Des superstars du football comme Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, ainsi que des célébrités telles que la chanteuse Shakira, ont également été visées par des enquêtes fiscales. Cette tendance soulève des interrogations sur les pratiques de fiscalité dans le monde du sport et les impacts potentiels sur l’image des athlètes.
Quelles perspectives pour Ancelotti ?
La décision concernant la demande du parquet sera rendue ultérieurement par le Tribunal supérieur de justice de Madrid. Le sort d’Ancelotti est en jeu, et une issue défavorable pourrait non seulement ternir sa réputation mais aussi affecter le Real Madrid dans un moment où le club est déjà sous pression. Le débat public sur ce sujet va se poursuivre alors que les passions footballistiques et les questions fiscales s’entremêlent, rendant l’affaire particulièrement délicate pour toutes les parties concernées.
Face à la complexité de la situation, seul l’avenir nous dira comment Carlo Ancelotti et le Real Madrid géreront cette crise juridique majeure. Les regards sont rivés sur ce procès qui pourrait non seulement affecter la carrière de l’entraîneur, mais également le royaume footballistique qu’il a contribué à édifier.