Des témoignages accablants sur des abus dans des établissements catholiques
Depuis la révélation de l’affaire Bétharram, une vague de témoignages émerge de la part d’anciens élèves d’établissements scolaires catholiques, qui dénoncent des violences physiques et sexuelles subies pendant leur scolarité. Dans plusieurs régions, comme les Hautes-Pyrénées, la Haute-Savoie ou la Seine-Maritime, des anciens élèves font part de leurs souffrances infligées par des enseignants et des surveillants. Récemment, ce mouvement a pris de l’ampleur avec le dépôt d’un ensemble de 50 témoignages par des anciens élèves du collège catholique Saint-Pierre du Relecq-Kerhuon, près de Brest, relatant des abus survenus entre 1962 et 1996.
Les séquelles des abus révélées
Lors d’une conférence de presse, le porte-parole des anciens élèves a évoqué les conséquences dévastatrices subies par les victimes de ces violences. Selon ses dires, ces abus ont engendré des problèmes psychologiques graves, tels que des dépressions, des addictions, et même des suicides. Les révélations visent à encourager l’ouverture d’une enquête judiciaire afin d’exposer la réalité de ces abus qui ont touché des milliers de jeunes.
Plusieurs victimes ont partagé leurs expériences à travers des témoignages écrits. Parmi eux, Robert T., un ancien élève du collège, a décrit la violence qu’il a subie, évoquant des agressions physiques, des humiliations et des actes de terreur psychologique.
Le récit de Robert T. : un reflet d’une souffrance prolongée
Robert T. a décrit comment, dans les années 1970, il était régulièrement frappé par un professeur de sa classe. Ce dernier n’hésitait pas à lui donner des coups de poing et des coups de pied, le forçant à tomber au sol pour que la violence cesse. Ce traitement l’a profondément marqué, entraînant des conséquences dramatiques sur sa vie personnelle, allant jusqu’à le pousser vers la rue et des problèmes d’addiction.
À sa sortie d’hôpital psychiatrique, les médecins ont été perplexes, lui signifiant qu’il ne souffrait pas de troubles mentaux graves, mais que sa tristesse avait des racines évidentes dans son passé. Pour lui, les années passées dans cet établissement ont façonné son existence entière.
Un appel pour la reconnaissance des abus
Frédéric B., qui a fondé le collectif des anciens élèves, a souligné que bien que la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église ait concentré son attention sur les violences sexuelles, les abus physiques ont également des conséquences catastrophiques. Il a lui-même raconté avoir été soumis à des traitements humiliants, comme être forcé de rester à genoux et recevoir des gifles.
Certains témoignages, bien que moins fréquents, font également état d’agressions sexuelles, illustrant la portée tragique des abus subis. Un ancien élève a relaté une agression par le directeur de l’établissement, qui l’a conduit dans un endroit isolé où il a tenté de l’étouffer avec des gestes déplacés avant que la victime ne parvienne à s’échapper.
La violence psychologique au cœur des expériences
En plus des abus physiques et sexuels, les anciens élèves ont également rapporté des violences psychologiques. Beaucoup ont souffert d’humiliations verbales constantes, vécues comme des attaques personnelles et dégradantes. Ces expériences ont laissé des blessures profondes, et certains anciens élèves se sont exprimés à la justice pour que leurs souffrances soient officiellement reconnues.
Un diplômé a exprimé son désespoir face à des années de destruction personnelle. Il a déclaré que, même si les autorités ont fermé les yeux sur ces abus, il est désormais temps d’affronter la vérité et de faire justice.
Une réaction tardive de l’institution
Les récents témoignages n’ont pas laissé indifférent le directeur diocésain de l’enseignement catholique dans le Finistère, Christophe Geffard. Il a affirmé qu’il n’avait pas connaissance de tels actes de violence, mais que les récits révélés dépassent l’entendement. Un engagement a été pris pour ouvrir un dialogue entre les responsables de l’église, les victimes et les institutions pour comprendre comment ces abus ont pu persister aussi longtemps.
Les précédentes archives de l’évêché et des établissements seront consultées pour voir comment traiter ce passé sombre et tragique. Les victimes cherchent désormais à obtenir reconnaissance et justice pour leur vécu tragique, souhaitant que les générations futures ne connaissent plus de telles souffrances.